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Analyse: l’accord de coalition wallonne

La semaine dernière, Elio Di Rupo (PS), Willy Borsus (MR) et Jean-Marc Nollet (Ecolo) ont présenté l’accord de coalition de la région wallonne et du gouvernement de la Communauté française. Les deux accords visent à réduire la pauvreté, à faire de la Wallonie une région exemplaire en termes d’objectifs climatiques et à améliorer l’économie wallonne. Ceux qui liront bien reconnaîtront une ambition sociale (PS), écologique (Ecolo) et économique (MR) pour la législature 2019-2024. Mais certains critiques, tel que Jean Hindriks, professeur en économie à l’UCL, ne croient pas qu’un budget équilibré en 2024 (une autre ambition énoncée dans l’accord de coalition) soit réalisable.

Sommaire de l’accord de coalition

Le 15 septembre, Jean-Claude Marcourt (PS), le nouveau président du Parlement wallon, a déclaré à l’occasion des Fêtes de Wallonie et du nouveau gouvernement wallon qu’il était temps que la Wallonie assume elle-même son destin et regagne sa confiance. La “Déclaration politique régionale“, qui compte 122 pages, contient de nombreuses mesures concrètes sur la manière sur laquelle les nouveaux partenaires de la coalition veulent renforcer la confiance en soi et l’indépendance de la Wallonie.

Pour atteindre les objectifs du Traité de Paris en matière de climat, le nouveau gouvernement wallon souhaite soutenir, par exemple, les entrepreneurs qui mettent en place des projets dans le contexte de la transition énergétique et de l’économie circulaire, notamment en stimulant les audits énergétiques des entreprises. Le gouvernement wallon veut également donner le bon exemple en plaçant l’économie circulaire au centre de ses propres services et de sa politique. En outre, le nouveau gouvernement veut subventionner l’achat de panneaux solaires et réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030.

Le gouvernement wallon est également fermement résolu à créer un mouvement de rattrapage numérique. L’accord de coalition indique qu’il souhaite poursuivre le déploiement de la stratégie Digital Wallonia, soutenir les entrepreneurs du numérique et réduire le fossé numérique. Plus précisément, il souhaite y parvenir notamment en déployant le réseau 5G, en approfondissant ses recherches sur l’intelligence artificielle et en élaborant un “Digital Wallonia Pass” qui devrait cartographier et soutenir les jeunes entreprises. Le nouvel accord de coalition souligne également son soutien à une taxe numérique au niveau européen en tant que première étape vers une taxe numérique au niveau mondial.

Au total, le gouvernement wallon souhaite investir 4 milliards d’euros supplémentaires dans la recherche, l’innovation, le logement, l’isolation, les énergies renouvelables et la nouvelle mobilité.

Nouveaux dirigeants 

Comme prévu, Elio Di Rupo (PS) sera à la tête du nouveau gouvernement wallon. Willy Borsus (MR), dont le nom a également circulé pour devenir Ministre-président du gouvernement de la Communauté française, a finalement été nommé Vice-Président et responsable de l’économie, de la recherche et de l’innovation, du numérique et de l’agriculture. Avec Philippe Henry (Ecolo), la Wallonie a désormais son propre ministre du Climat et est également responsable de l’énergie, des infrastructures et de la mobilité.

Le nouveau gouvernement wallon et le gouvernement de la Communauté française signifient également une changement pour les leaders des partis francophones, en particulier pour le parti socialiste. Par exemple, Paul Magnette deviendra très probablement le nouveau président du PS maintenant qu’Elio Di Rupo entrera dans l’Elysette. Il est frappant de voir que Jean-Claude Marcourt, au côté de Magnette et de Di Rupo, participera également à la table de négociation fédérale, ce qui suggère que Marcourt va échanger le niveau régional pour le niveau fédéral. Comme le PS est incontournable au niveau fédéral, le parti semble faire partie de tous les niveaux.

Après les gouvernements de Bruxelles, de la Wallonie et la FWB, nous attendons maintenant les gouvernements flamand et fédéral. En Flandre, un nouveau gouvernement est attendu pour la fin de septembre, mais les thèmes d’intégration et d’éducation semblent mettre en péril ce délai. Comme toujours, Dr2 Consultants suit de près les développements politiques en Belgique. Lisez notre analyse du gouvernement Bruxellois en suivant ce lien et ne manquez pas à revenir pour les analyses à venir.