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Analyse: Les gagnants et les perdants des élections fédérales belges

Les sondages sont clairs : ce sont les partis du gouvernement qui, indéniablement, perdront le plus de votes. Mais quels sont les partis qui en profitent le plus ? Que cela signifie-t-il pour le nouveau Parlement ? Dimanche, nous voterons tous, mais avant cela, Dr2 Consultants souhaite fournir une analyse de la dynamique électorale actuelle en Belgique.

Le plus grand parti de Belgique restera très probablement la N-VA, bien que celle-ci devrait encore céder un certain nombre de sièges (les sondages les plus récents indiquent une perte de 4 sièges). Contrairement à ce que l’on prétend souvent, cette perte de la N-VA ne serait pas uniquement dû au Vlaams Belang. En effet, le Vlaams Belang semble remporter 10 sièges, soit plus que la perte prévue de la N-VA. Une chose est certaine, la volonté de la N-VA reste la même : continuer à gouverner, et ce avec les personnalités ambitieuses Jan Jambon et Bart De Wever. Le parti vise en réalité à attirer les électeurs en se présentant comme l’unique alternative à une coalition rouge-verte.

Qu’en est-il de cette coalition rouge-verte ? Groen, qui se positionne principalement sur le thème du climat, semble récemment vouloir se présenter comme un parti plus large et faire entendre sa voix sur des thèmes sociaux et sur l’éducation. L’ambition est claire : gouverner. Du côté des socialistes flamands, l’enjeu est surtout de ne pas tomber en-dessous des 10% symboliques. Idéologiquement, le sp.a opère un retour à ses fondamentaux, mais propose en même temps un grand nombre de nouveaux et de jeunes candidats. Il reste cependant à savoir si cela génère un bénéfice électoral, car ils continueront à concurrencer avec Groen, qui attire des électeurs avec un programme social plus « à la mode ». A contrario, le sud du pays devrait s’attendre à une vague rouge-verte. En effet, selon les sondages, le PS perdrait 3 sièges, mais resterait le parti le plus important de Wallonie. De plus, les écologistes wallons ne remporteraient pas moins de 9 sièges et deviendraient, avec Groen, un force politique équivalente à la famille libérale (MR et Open Vld). À Bruxelles, Ecolo deviendrait même le plus grand parti et son co-président, Jean-Marc Nollet, serait le favori pour devenir Ministre-Président de la Région Wallone.

En plus d’une coopération rouge-verte, il est également question d’une coalition des verts etbleus. Toutefois, dans les deux grandes Régions du pays, les débats ont clairement montré que le fossé idéologique entre les écologistes et les libéraux demeurait très profond. De plus, les libéraux baissent dans les sondages. L’Open Vld et le MR perdraient tous les deux 4 sièges au Parlement fédéral. Le CD&V, partenaire de la coalition, perdrait également deux sièges. Ce qui est peut-être plus frappant est de voir que le cdH, qui fait maintenant partie de l’opposition, n’obtiendrait que 4 sièges dans le nouveau Parlement fédéral et ne parviendrait donc pas à se faire entendre.

La question qui se pose maintenant est la suivante : quelle majorité peut être formée après les élections ? Un sondage du journal Le Soir montre que 70% des Belges souhaitent une majorité différente de la « Suédoise », principalement en Wallonie, mais aussi en Flandre. Le gouvernement actuel n’ayant pas de majorité et le cdH ayant déjà annoncé qu’il ne souhaitait plus collaborer avec la N-VA, les chances d’une majorité différente sont donc très élevées. Les socialistes, les libéraux et les verts pourraient ensemble atteindre une majorité par exemple. De plus, la formation d’un gouvernement au niveau régional est susceptible de redéfinir la dynamique fédérale. Avec un gouvernement de centre-droit avec Bart de Wever en tant que Ministre-Président en Flandre et un front de gauche (avec PTB) en Wallonie, la Belgique deviendra-t-elle ingouvernable ? Rendez-vous le 27 mai !