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Elections belges: 3 mois plus tard

Il y a plus de trois mois, les Belges se sont rendus aux urnes. Cependant, peu de choses ont depuis lors changé. Bien qu’un gouvernement se soit formé assez rapidement dans la Communauté germanophone et que la Région de Bruxelles-Capitale se soit également dotée d’un exécutif, ce n’est pas le cas de la Flandre, de la Région wallonne, de la Communauté française, ni de l’Autorité fédérale. Aussi, c’est d’ailleurs au niveau fédéral que les négociations trainent le plus.

Flandre

Jamais dans l’histoire de la politique flamande les nationalistes flamands (la N-VA et le Vlaams Belang) n’ont recueilli autant de voix (ensemble environ 43%), bien que ceux-ci n’en aient toujours pas assez pour former une majorité à eux seuls (à cinq sièges près). Pendant des semaines, la N-VA a flirté avec le Vlaams Belang, mais également avec le CD&V et l’Open Vld (partenaires de coalition dans le gouvernement actuel), qui sont restés impliqué dans les négociations. Seuls le PVDA et, peu de temps après, Groen, ont été mis à l’écart de la table des négociations. Lorsqu’il s’est avéré impossible d’inclure le Vlaams Belang dans une quelconque majorité, l’informateur flamand Bart De Wever a alors uniquement envoyé sa note de base au CD&V et à l’Open Vld. Celle-ci, qui ne compte que 7 pages, contient cependant quelques paragraphes surprenants, probablement influencés par le programme du Vlaams Belang lui-même. C’est toutefois sur cette base que les membres du CD&V et de l’Open Vld négocient actuellement au sein des divers groupes d’experts. Il semble donc qu’une deuxième coalition suédoise soit en cours de préparation, avec à sa tête Jan Jambon (N-VA). Si les trois partis de la coalition conservent la majorité, l’opposition a quant à elle pris du poil de la bête, en termes de sièges au Parlement, mais également dans les consciences.

Wallonie

Le PS a perdu beaucoup de voix mais reste le plus grand parti de Wallonie. Pendant la campagne, alors que le PS avait promis de constituer une coalition “de gauche”, ses partenaires privilégiés étaient logiquement Ecolo et le PTB. Les conversations avec le PTB se sont cependant rapidement terminées et, en conséquence, seul Ecolo est resté à la table des négociations. Etant donné que la coalition PS-Ecolo ne possédait pas de majorité et que le cdH avait fait le choix de l’opposition à tous les niveaux, les deux partis de gauche ont tenté de mettre en place un gouvernement minoritaire, la coalition “coquelicot”. Cette tentative de coalition, reçue avec peu d’enthousiasme, n’a néanmoins pas duré. C’est ensuite le MR qui a été impliqué dans les négociations (qui se poursuivent d’ailleurs aujourd’hui). La question est maintenant de savoir si Ecolo passera le test final : mathématiquement, les écologistes ne sont en effet pas nécessaires pour former une majorité dans une coalition incluant le PS et le MR. Si Ecolo venait à être exclu des négociations, cela pourrait avoir des conséquences au niveau fédéral.

Fédéral

Au niveau fédéral, c’est au Roi de faire avancer les négociations : il reçoit les différents présidents de parti et nomme le ou les informateur(s). Cependant, le temps presse pour les informateurs royaux Johan Vande Lanotte (sp.a) et Didier Reynders (MR): leur mission s’achève le 9 septembre et ceux-ci ont, à deux reprises, échoué à réunir tous les présidents de parti autour de la table (Ecolo a refusé de s’asseoir avec la N-VA, et les marxistes et le Vlaams Belang n’étaient pas invités). Seules deux options sont réellement possibles au niveau fédéral : une coalition vert-violet (comprenant les socialistes, les libéraux, les verts et éventuellement complétée par le CD&V) ou jaune-violet (qui inclurait la N-VA, les libéraux et les socialistes). Dans la première variante, il n’y a pas de majorité flamande et dans la seconde variante, pas moins de sept partis sont impliqués. L’imminent départ (le 1er novembre) de Didier Reynders, vice-Premier ministre, pour la Commission européenne, ajouté à la nomination de Charles Michel, Premier ministre, comme président du Conseil européen (à partir du 1er décembre) n’arrangent pas les choses. De plus, la Commission européenne a demandé à la Belgique de clarifier son plan budgétaire en octobre.