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Le nouveau gouvernement bruxellois a été formé

Depuis les élections de mai 2019, aucun autre gouvernement n’avait été formé en Belgique (si l’on ne compte pas celui de la communauté germanophone). Mercredi 17 juillet, la Région de Bruxelles-Capitale s’est donc dotée d’un gouvernement et les négociateurs du PS, de DéFi, d’Ecolo, de Groen, de l’Open Vld et du one.brussels/sp.a ont présenté leur déclaration de politique commune. La formateur Laurette Onkelinx, qui avait annoncé qu’un gouvernement serait prêt avant la fête nationale, a donc tenu sa promesse.

Formation

La formation de gouvernement bruxellois ne fut pas une mince affaire. Du côté néerlandophone, Groen a détrôné l’Open Vld. Du côté francophone, Ecolo est devenu le deuxième parti à Bruxelles. Cette vague verte a donc sensiblement modifié les rapports de force à Bruxelles.

Le grand perdant des élections reste le MR, qui aurait souhaité faire partie du gouvernement bruxellois, mais qui s’est heurté au refus du PS de faire participer les libéraux aux négociations. Ce refus a provoqué une grande frustration chez les libéraux flamands qui voulaient absolument inclure leur parti frère au gouvernement. Désormais isolé en tant que parti de droite au sein d’une coalition de gauche, l’Open Vld est divisé : intégrer la coalition sans le MR pour accélérer les négociations n’a pas été vu d’un bon œil par l’ensemble de l’Open Vld. Aussi, l’absence du MR au niveau bruxellois n’aidera pas à la formation d’un gouvernement fédéral, le parti libéral francophone étant souvent considéré comme le pont entre la N-VA et le PS. En Wallonie, après l’échec de la « coalition coquelicot », le MR est devenu incontournable.

L’accord

Quid du contenu ? L’accord de gouvernement du nouveau gouvernement bruxellois contient de nombreuses propositions « vertes », soulignant par exemple l’urgence de la crise climatique dès l’introduction du texte de l’accord. Le nouveau gouvernement bruxellois s’engage par ailleurs à mener la Région vers un modèle neutre en carbone en 2050. Dans le même ordre d’idées, les politiques de logement et de mobilité de la coalition veulent se donner les moyens d’atteindre les objectifs des accords de Paris en matière de climat. Outre les objectifs climatiques, l’accent a également été mis sur l’autonomie budgétaire, la réduction de la pauvreté, la numérisation et la qualité de vie. Pour relever ces défis, la déclaration de politique générale repose sur trois piliers : une Région qui garantit à chacun les conditions d’une vie conforme à la dignité humaine ; une Région qui inscrit son développement économique et social dans une transition environnementale de référence à l’horizon 2050 ; et une Région à l’identité forte, ouverte au monde, qui renforce ses services aux citoyens dans une logique de lisibilité et de proximité de ses institutions.

Rudi Vervoort sera toujours à la tête du nouveau gouvernement bruxellois. Cependant, dans sa nouvelle équipe, les démocrates-chrétiens du cdH et du CD&V ont été remplacés par les écologistes d’Ecolo et de Groen. Il y a donc beaucoup de nouveaux visages : Alain Maron pour Ecolo, Elke Van den Brandt pour Groen, Bernard Clerfayt pour DéFi et Sven Gatz pour l’Open Vld. Un changement de génération a donc eu lieu chez les libéraux flamands car Guy Vanhengel a fait un pas de côté pour laisser place à Sven Gatz. Ce dernier est actuellement ministre dans le gouvernement flamand, mais la présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten, a transféré tous ses pouvoirs (à l’exception compétence “Bruxelles”) à la ministre Lydia Peeters, ministre flamande du Budget et de l’Energie.

Le jeudi 18 juillet, cette nouvelle équipe s’est rendue au Palais Royal pour prêter serment et un premier conseil des ministres a immédiatement suivi dans l’après-midi. Dans sa déclaration de gouvernement, Rudi Vervoort a souligné une nouvelle fois que les défis les plus importants auxquels Bruxelles est confrontée sont sociaux et écologiques et que la qualité de la vie de tous les Bruxellois est essentielle.