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Elections belges : à quoi peut-on s’attendre ?

Les dés sont désormais jetés. Deux jours après les élections, les résultats sont là. Bien qu’une augmentation des partis extrémistes des deux côtés du spectre politique fût attendue, une telle victoire, en particulier de l’extrême droite flamande, le Vlaams Belang, ne l’était pas. Aussi, la vague verte telle que pronostiquée ne s’est pas matérialisée, du moins au nord du pays. Les partis plus au centre de l’échiquier politique – les démocrates-chrétiens, les socialistes et les libéraux – ont de leur côté subi de lourdes pertes électorales, et ce particulièrement en Flandre. Pour la première fois depuis l’après-guerre, le tripartite classique n’atteint pas la majorité. La formation d’un gouvernement au niveau fédéral devrait donc prendre, pour cette législature encore, beaucoup de temps.

Après les élections, la formation d’une coalition gouvernementale se déroule comme suit. D’abord, c’est le Roi lui-même qui prend l’initiative d’inviter les partis un par un afin que ceux-ci viennent lui présenter le résultat des élections. Dans les faits, il est la plupart du temps déjà informé par le président de la Chambre des Représentants ainsi que le président du Sénat. Au lendemain des élections, Siegfried Bracke (N-VA), président de la Chambre, et Jacques Brotchi (MR), président du Senat, sont donc allés « informer » le Roi. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Charles Michel s’est également entretenu avec le Roi Philippe. Si la coutume veut que le Premier ministre présente sa démission au Roi, cela n’a pas été le cas pour ces élections, le gouvernement Michel étant, depuis janvier et le départ de la N-VA du gouvernement fédéral, en affaires courantes. Les présidents des partis majoritaires des deux Régions du pays, à savoir Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS), ont également assisté à l’audience du Premier ministre.

À la suite de cette discussion avec tous les présidents de partis, le Roi est alors censé nommer un informateur. Celui-ci a pour lourde tâche de rassembler les “informations” sur la viabilité d’une coalition particulière. Dans le cas où le résultat des élections est très marqué et qu’une coalition se dessine très nettement, de façon presque « naturelle », il n’est pas nécessaire que le Roi nomme un informateur. Considérant le résultat particulier de ces élections, ce scénario reste hautement improbable. L’annonce d’un informateur est attendue dans les prochains jours. Après l’informateur, c’est au tour du formateur de convoquer les partis politiques afin de former un accord de coalition. C’est ensuite au tour du Roi de nommer les ministres et les secrétaires d’État.

Cependant, nous n’y sommes pas encore. Aujourd’hui, le Roi doit recevoir les présidents des partis écologistes, Groen et Ecolo. Suivront ensuite les présidents des plus petits partis que le Roi recevra un à un. Quant à savoir si le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, sera invité, cela semble peu probable. Par conséquent, la participation du troisième parti du pays à une nouvelle majorité est peu plausible. Concernant le plus grand parti du pays, la N-VA, Bart De Wever a annoncé qu’il ne négocierait pas avec les « partis de gauche ». Du côté francophone, tous les partis à l’exception du MR ont d’ores et déjà déclaré qu’ils ne veulent pas de la N-VA dans un gouvernement. Président du plus grand parti au sud du pays, Elio Di Rupo envisage quant à lui un gouvernement avec une minorité flamande en guise de solution à la crise gouvernementale à venir. En conclusion, les négociations s’annoncent longues et difficiles et on ne peut que souhaiter bon courage au formateur.

Belgische verkiezingen: wat nu?

De kaarten zijn geschud. Twee dagen na de verkiezingen blijven de resultaten nog even nazinderen. Een stijging van de extreme partijen aan beide kanten van het politieke spectrum was verwacht, maar zo’n een overwinning, en dan vooral voor het extreemrechtse Vlaams Belang was toch onverwacht. Bovendien bleef ook de verwachte groene golf, vooral in Vlaanderen dan, uit en werd het centrum van christendemocraten, socialisten en liberalen opnieuw kleiner. Meer nog, voor het eerst in de naoorlogse geschiedenis zou de klassieke triparte geen meerderheid meer halen. Dat maakt duidelijk dat het echte werk nu pas begint. Waarschijnlijk zijn er heel wat partijen, maar ook heel wat tijd nodig om tot een nieuwe federale regering te komen.

Op het federale niveau verloopt zo’n een regeringsvorming na de verkiezingen altijd op dezelfde manier. In de eerste plaats is het de koning die het initiatief neemt om de partijen een voor een uit te nodigen. Maar meestal laat hij zich hiervoor al informeren door de voorzitter van de Kamer en van de Senaat. Daarom liet Koning Filip zich daags na de verkiezingen al ‘adviseren’ door voorzitter van de Senaat Jacques Brotchi (MR) en voorzitter van de Kamer Siegfried Bracke (N-VA). Voordien was trouwens ook Premier Charles Michel op audiëntie geweest bij de koning. Normaal komt de Premier het ontslag aanbieden van de regering, maar deze was in dit geval al ontslagnemend, dus werd gevraagd gewoon de status quo te behouden. Ook de voorzitters van de grootste partijen van beide landsdelen kwamen al op audiëntie, namelijk Bart De Wever (N-VA) en Elio Di Rupo (PS).

Na de gesprekken met al de partijvoorzitters kan de koning een informateur aanduiden. De informateur heeft dan als opdracht om ‘informatie’ in te winnen over welke coalitie zou kunnen worden gevormd. De koning duidt indien de verkiezingsuitslag zeer duidelijk is, en dus ook een toekomstige coalitie, niet per se een informateur aan. Na de resultaten van deze verkiezing is dit toch een hoogstwaarschijnlijk scenario en wordt dit in de komende dagen verwacht. Na de informateur is het de beurt aan de formateur die dan de partijen bijeen roept om een regeerakkoord te gaan vormen. Ten slotte is het dan de koning opnieuw die de ministers en staatssecretarissen benoemt.

Zover zijn we nog niet. Vandaag ontvangt de koning in ieder geval de voorzitters van de ecologisten en CD&V, en dan volgen de kleinere partijen een voor een. De vraag is ook maar als de voorzitter van Vlaams Belang Tom Van Grieken zal worden uitgenodigd. De kans lijkt bijzonder klein. Bijgevolg is de kans ook vrij klein dat de derde grootste partij van het land zal deelnemen aan een nieuwe meerderheid. Bovendien heeft elke partij in Wallonië, buiten MR, ook al een veto uitgeroepen, tegen de grootste partij van het land, de N-VA. Een oplossing ziet Elio Di Rupo in een regering met een Vlaamse minderheid. Dit ziet Bart De Wever natuurlijk zitten en heeft bovendien zelf al aangekondigd niet met links in een regering te willen zitten. Met andere woorden het beloven nog spannende, en frustrerende, tijden te worden in de Wetstraat.

Analyse: Les gagnants et les perdants des élections fédérales belges

Les sondages sont clairs : ce sont les partis du gouvernement qui, indéniablement, perdront le plus de votes. Mais quels sont les partis qui en profitent le plus ? Que cela signifie-t-il pour le nouveau Parlement ? Dimanche, nous voterons tous, mais avant cela, Dr2 Consultants souhaite fournir une analyse de la dynamique électorale actuelle en Belgique.

Le plus grand parti de Belgique restera très probablement la N-VA, bien que celle-ci devrait encore céder un certain nombre de sièges (les sondages les plus récents indiquent une perte de 4 sièges). Contrairement à ce que l’on prétend souvent, cette perte de la N-VA ne serait pas uniquement dû au Vlaams Belang. En effet, le Vlaams Belang semble remporter 10 sièges, soit plus que la perte prévue de la N-VA. Une chose est certaine, la volonté de la N-VA reste la même : continuer à gouverner, et ce avec les personnalités ambitieuses Jan Jambon et Bart De Wever. Le parti vise en réalité à attirer les électeurs en se présentant comme l’unique alternative à une coalition rouge-verte.

Qu’en est-il de cette coalition rouge-verte ? Groen, qui se positionne principalement sur le thème du climat, semble récemment vouloir se présenter comme un parti plus large et faire entendre sa voix sur des thèmes sociaux et sur l’éducation. L’ambition est claire : gouverner. Du côté des socialistes flamands, l’enjeu est surtout de ne pas tomber en-dessous des 10% symboliques. Idéologiquement, le sp.a opère un retour à ses fondamentaux, mais propose en même temps un grand nombre de nouveaux et de jeunes candidats. Il reste cependant à savoir si cela génère un bénéfice électoral, car ils continueront à concurrencer avec Groen, qui attire des électeurs avec un programme social plus « à la mode ». A contrario, le sud du pays devrait s’attendre à une vague rouge-verte. En effet, selon les sondages, le PS perdrait 3 sièges, mais resterait le parti le plus important de Wallonie. De plus, les écologistes wallons ne remporteraient pas moins de 9 sièges et deviendraient, avec Groen, un force politique équivalente à la famille libérale (MR et Open Vld). À Bruxelles, Ecolo deviendrait même le plus grand parti et son co-président, Jean-Marc Nollet, serait le favori pour devenir Ministre-Président de la Région Wallone.

En plus d’une coopération rouge-verte, il est également question d’une coalition des verts etbleus. Toutefois, dans les deux grandes Régions du pays, les débats ont clairement montré que le fossé idéologique entre les écologistes et les libéraux demeurait très profond. De plus, les libéraux baissent dans les sondages. L’Open Vld et le MR perdraient tous les deux 4 sièges au Parlement fédéral. Le CD&V, partenaire de la coalition, perdrait également deux sièges. Ce qui est peut-être plus frappant est de voir que le cdH, qui fait maintenant partie de l’opposition, n’obtiendrait que 4 sièges dans le nouveau Parlement fédéral et ne parviendrait donc pas à se faire entendre.

La question qui se pose maintenant est la suivante : quelle majorité peut être formée après les élections ? Un sondage du journal Le Soir montre que 70% des Belges souhaitent une majorité différente de la « Suédoise », principalement en Wallonie, mais aussi en Flandre. Le gouvernement actuel n’ayant pas de majorité et le cdH ayant déjà annoncé qu’il ne souhaitait plus collaborer avec la N-VA, les chances d’une majorité différente sont donc très élevées. Les socialistes, les libéraux et les verts pourraient ensemble atteindre une majorité par exemple. De plus, la formation d’un gouvernement au niveau régional est susceptible de redéfinir la dynamique fédérale. Avec un gouvernement de centre-droit avec Bart de Wever en tant que Ministre-Président en Flandre et un front de gauche (avec PTB) en Wallonie, la Belgique deviendra-t-elle ingouvernable ? Rendez-vous le 27 mai !